discours de réception du prix Nobel ( 7 décembre 2014 )
Contexte et précisions
extrait : "Oui, le lecteur en sait plus long sur un livre que son auteur lui-même. Il se passe, entre un roman et son lecteur, un phénomène analogue à celui du développement des photos, tel qu'on le pratiquait avant l'ère du numérique. Au moment de son tirage dans la chambre noire, la photo devenait peu à peu visible. A mesure que l'on avance dans la lecture d'un roman, il se déroule le même processus chimique."
Je pense toujours que la Bible est une somme de richesses, une bibliothèque en soi, mais aussi un livre terrible où les intégristes et toutes les espèces d'illuminés peuvent trouver un miel qu'ils changent en fiel.
"Je pense toujours que la Bible est une somme de richesses, une bibliothèque en soi, mais aussi un livre terrible où les intégristes et toutes les espèces d'illuminés peuvent trouver un miel qu'ils changent en fiel. Pour ma part, à vingt ans, elle m'a conduit vers le socialisme et l'acte révolutionnaire dans l'espoir de protéger les classes opprimées et de lutter contre toutes les exclusions. Je continue cette résistance. Je mets l'Evangile en actes, de l'infime geste au plus grand"
C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit dès l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire.
Les grandes oeuvres sont toutes des vengeances, les chefs-d'oeuvre sont tous des revanches. Je crois que c'est la loi de fer des écrivains : ils ne réussissent leurs livres que dans la mesure où ils ont raté leur vie.
En anglais : "If you only read the books that everyone else is reading, you can only think what everyone else is thinking."
Tweet de l'auteur le 4 avril 2013
If you only read the books that everyone else is reading, you can only think what everyone else is thinking.
— Haruki Murakami (@harukimurakami_)