L'invention dans les beaux-arts et dans les sciences n'est qu'un cas particulier. Dans la vie pratique, dans les inventions mécaniques, militaires, industrielles, commerciales, dans les institutions religieuses, sociales, politiques, l'esprit humain a dépensé autant d'imagination que partout ailleurs.
cité tel quel par Jacques Hadamard dans "Essai sur la psychologie de l'invention en mathématique"
Texte original : "... l'invention dans
les beaux-arts et dans les sciences n'est qu'un cas
particulier et non peut-être le principal. Nous espérons montrer que dans la vie pratique , dans les
inventions mécaniques, militaires, industrielles, commerciales, dans les institutions religieuses, sociales,
politiques, l'esprit humain a dépensé et fixé autant
d'imagination que partout ailleurs."
En anglais : "The lunatic, the lover, and the poet, are of imagination all compact."
La phrase dans son contexte : "Les amoureux et les fous ont des cerveaux bouillants, et l'imagination si fertile qu'ils perçoivent ce que la froide raison ne pourra jamais comprendre. Le fou, l'amoureux et le poète sont tous faits d'imagination. L'un voit plus de démons que le vaste enfer n'en peut contenir, c'est le fou; l'amoureux, tout aussi frénétique, voit la beauté d'Héléne sur un front égyptien; le regard du poète, animé d'un beau délire, se porte du ciel à la terre et de la terre au ciel; et, comme son imagination donne un corps aux choses inconnues, la plume du poète leur prête une forme et assigne à ces bulles d'air un lieu dans l'espace et un nom. Tels sont les caprices d'une imagination forte; pour peu qu'elle conçoive une joie, elle suppose un messager qui l'apporte."
La fantaisie et la liberté d'imagination ne s'acquièrent pas comme ça, qu'il y faut du temps, de l'obstination, de la sévérité, de la rigueur, des mathématiques, de la raison.
Le poète est un homme qui a l'imagination et la psychologie d'un enfant. Sa perception du monde est immédiate, quelles que soient les idées qu'il peut en avoir. Autrement dit, il ne décrit pas le monde, il le découvre.
Pour moi, l'imagination c'est une espèce de grand réceptacle un réservoir qui serait alimenté mystérieusement…par une infinité de rivières, de ruisseaux, de ruisselets, de suintements, de résurgences….jusqu'à le faire déborder et, inexorablement, à crever ses digues et se vider.
Et alors, c'est «l'oeuvre» - écrite, parlée ou pensée - qui se répand comme une inondation