Journal intime28 avril 1852.
Egalement dans "Grains de mil: poésies et pensées"
Contexte et précisions
Extrait : " Silence, tu es effrayant! effrayant comme le calme de l'océan qui laisse plonger le regard dans ses abîmes
insondables; tu nous laisses voir en nous des profondeurs qui donnent le vertige, des besoins infinis, inextinguibles, des trésors de souffrance et de regret."
Une année-lumière est un abîme inconcevable. Dénombrable mais inconcevable. A une vitesse normale - celle d'une automobile circulant dans une mégalopole, soit environ deux kilomètres par minute - , il vous faudrait presque neuf millions d'années pour le franchir.
En anglais : "Consider: a single light-year is an inconceivable abyss. Denumerable but inconceivable. At an ordinary speed say, a reasonable pace for a car in megalopolitan traffic, two kilometers per minute you would consume almost nine million years in crossing it."
La vie est une branche fragile suspendue au-dessus d'un abîme. Je m'y cramponne comme les autres tant que j'en ai la force. Puis je tombe comme les autres, et je ne sais pas ce qui m'attend.
Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour.
-"Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Et quand ton regard pénètre longtemps au fond d'un abîme, l'abîme, lui aussi, pénètre en toi."
- "Quand on lutte contre des monstres, il faut prendre garde de ne pas devenir monstre soi-même. Si tu plonges longuement ton regard dans l'abîme, l'abîme finit par ancrer son regard en toi."