Concevons qu'on ait dressé un million de singes à frapper au hasard sur les touches d'une machine à écrire et que […] ces singes dactylographes travaillent avec ardeur dix heures par jour avec un million de machines à écrire de types variés. […] Au bout d'un an, [leurs] volumes se trouveraient renfermer la copie exacte des livres de toute nature et de toutes langues conservés dans les plus riches bibliothèques du monde.
A présent prenez un homme, enlevez-lui ce qui le rend homme, ses vêtements, ses chaussures, sa montre, sa voiture et - pourquoi pas ? - la parole. Que lui reste-t'il, s'il n'est pas Tarzan, qui est d'ailleurs plus singe qu'homme ? rien.
Un livre est comme un miroir ; si un singe s'y mire, d'évidence il n'y verra point un apôtre. Nous n'avons nulle parole pour parler de sagesse à l'abruti. Il est déjà sage celui qui comprend le sage.
Autre traduction : "Un livre est un miroir : Si un singe s'y regarde, ce n'est évidemment pas l'image d'un apôtre qui apparaît."
Egalement cette autre phrase de Lichtenberg : "Il eut l'effet qu'ont communément les bons livres : il rendit les sots plus sots, les gens intelligents plus sagaces et les milliers d'autres semblables à eux-mêmes."
Nous avons tous entendu parler de ce million de singes frappant sur un million de machines à écrire et qui, tôt ou tard, finiraient par reproduire l'intégralité des oeuvres de Shakespeare. Maintenant, grâce à l'internet, nous savons que ce n'est pas vrai.
En anglais : "We've all heard that a million monkeys banging on a million typewriters will eventually reproduce the entire works of Shakespeare. Now, thanks to the Internet, we know this is not true. "
Source : According to a personal communication from Prof. Wilensky, he uttered this more elegant reformulation of Houghton's version at the Industrial Liason Program meeting at the EECS Department, University of California, Berkeley, in the spring of 1996.