Je me demande si je n'écris pas pour savoir si les autres n'ont pas fait ou ressenti des choses identiques, sinon, pour qu'ils trouvent normal de les ressentir. Même, qu'ils les vivent à leur tour en oubliant qu'ils les ont lues quelque part un jour.
extrait : "Ma conviction est qu'on peut dire d'excellentes choses, sans faire l'emploi d'un vocabulaire barbare. La clarté est la souveraine politesse de qui manie une plume. J'y veille de mon mieux."
Plus d'un, comme moi sans doute, écrivent pour n'avoir plus de visage. Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c'est une morale d'état civil; elle régit nos papiers. Qu'elle nous laisse libre quand il s'agit d'écrire.
Je crois que j'ai passé exactement autant de temps à écrire qu'un américain moyen de mon âge a passé de temps devant la télévision, et c'est peut-être là, plus que nulle part ailleurs, que réside le véritable secret.
En anglais : "I suspect I have spent just about exactly as much time actually writing as the average person my age has spent watching television, and that, as much as anything, may be the real secret here."
Les raisons qui me poussent à écrire sont multiples, et les plus importantes sont, il me semble, les plus secrètes. Celle-ci peut être surtout: mettre quelque chose à l'abri de la mort.
L’écriture est une forme de thérapie ; je me demande parfois comment tous ceux qui n’écrivent pas, ne composent ni ne peignent, parviennent à échapper à la folie, à la mélancolie et à la peur panique qui sont inhérentes à la condition humaine.
En anglais : "Writing is a form of therapy; sometimes I wonder how all those who do not write, compose or paint can manage to escape the madness, melancholia, the panic and fear which is inherent in a human situation."