L'amour et la tolérance sont la seule réponse au problème de la vie. Ce précepte, très simple, et infiniment difficile à appliquer, peut être accepté, compris par quiconque, croyant ou non-croyant. C'est la seule voie.
Nous n'avons pas de la tolérance, mais nous avons, à l'égard de toutes les doctrines, le respect de la personnalité humaine et de l'esprit qui s'y développe.
Une diminution de l'hypocrisie et un accroissement de la connaissance de soi-même ne peuvent avoir que de bons résultats sur le plan de la tolérance, car on n'est que trop disposé à reporter sur autrui le tort et la violence que l'on fait à sa propre nature.
Extrait : "Je suis comme un Noir dans une société raciste qui a voulu se gratifier d'un esprit de tolérance. Autrement dit, je suis un "toléré". La tolérance, sache-le bien, est toujours purement nominale. Je ne connais pas un seul exemple ni un seul cas de tolérance réelle. Parce qu'une "tolérance réelle" serait une contradiction dans les termes. Le fait de "tolérer" quelqu'un revient à le "condamner". La tolérance est même une forme plus raffinée de condamnation. On dit en effet à celui que l'on "tolère" - mettons, au Noir que nous avons pris comme exemple - qu'il peut faire ce qu'il veut, qu'il a pleinement le droit de suivre sa nature, que son appartenance à une minorité n'est pas un signe d'infériorité, etc. Mais sa "différence" - ou plutôt sa "faute d'être différent" - reste la même aux yeux de celui qui a décidé de le tolérer et de celui qui a décidé de la condamner."
Extrait : "Je suis comme un Noir dans une société raciste qui a voulu se gratifier d'un esprit de tolérance. Autrement dit, je suis un "toléré". La tolérance, sache-le bien, est toujours purement nominale. Je ne connais pas un seul exemple ni un seul cas de tolérance réelle. Parce qu'une "tolérance réelle" serait une contradiction dans les termes. Le fait de "tolérer" quelqu'un revient à le "condamner". La tolérance est même une forme plus raffinée de condamnation. On dit en effet à celui que l'on "tolère" - mettons, au Noir que nous avons pris comme exemple - qu'il peut faire ce qu'il veut, qu'il a pleinement le droit de suivre sa nature, que son appartenance à une minorité n'est pas un signe d'infériorité, etc. Mais sa "différence" - ou plutôt sa "faute d'être différent" - reste la même aux yeux de celui qui a décidé de le tolérer et de celui qui a décidé de la condamner."
Si l'on est d'une tolérance absolue même envers les intolérants, et qu'on ne défende pas la société intolérante contre leurs assauts, les tolérants seront anéantis et avec eux la société tolérante.
La société ouverte et ses ennemisTome 1 - L'Ascendant de Platon
Contexte et précisions
"Paradoxe de la tolérance"
En anglais : "nlimited tolerance must lead to the disappearance of tolerance. If we extend unlimited tolerance even to those who are intolerant, if we are not prepared to defend a tolerant society... then the tolerant will be destroyed, and tolerance with them... We should therefore claim, in the name of tolerance, the right not to tolerate the intolerant."
Rappelons-le : dans l'acception du dictionnaire, on est intolérant quand on combat des idées contraires aux siennes par la force, et par des pressions, au lieu de se borner à des arguments. La tolérance n'est point l'indifférence, elle n'est point de s'abstenir d'exprimer sa pensée pour éviter de contredire autrui, elle est le scrupule moral qui se refuse à l'usage de toute autre arme que l'expression de la pensée.
Le jour où tu comprendras que tout le monde a raison à son niveau et dans ses limites, ce jour-là tout le monde te donnera tort. Toutes les portes se ferment devant celui qui est ouvert à tout. N'ayant plus de complices, il n'a que des ennemis.