On se prend à imaginer ce que put être l'état d'esprit du Pascuan qui abattit le dernier palmier au moment précis où il l'abattait. Comme les forestiers modernes, s'est-il écrié : « Du travail, pas des arbres ! » ? Ou : « La technologie va résoudre nos problèmes, il n'y a rien à craindre, nous trouverons des substituts au bois » ? Voire : « Nous n'avons aucune preuve qu'il n'existe pas de palmier ailleurs sur l'île de Pâques, il faut chercher encore, votre proposition d'interdire la coupe des arbres est prématurée et n'est motivée que par la peur » ?
Nous savons que, depuis cent cinquante ans, les sociétés industrialisantes vivent du pillage accéléré de stocks dont la constitution a demandé des dizaines de millions d'années et que, jusqu'à ces tout derniers temps, les économistes, qu'ils fussent classiques ou marxistes, ont rejeté comme "régressives" ou comme "réactionnaires" les questions concernant l'avenir à très long terme : celui de la planète, celui de la biosphère, celui des civilisations.
Citation étendue : "Une nation qui détruit son sol se détruit elle-même. Les forêts sont les poumons de notre terre, elles purifient l’air et donnent une force nouvelle à notre peuple."
En anglais : "A nation that destroys its soils destroys itself. Forests are the lungs of our land, purifying the air and giving fresh strength to our people. "