"... Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !... libéré par lui-même, libéré par son peuple, avec le concours des armées de la France..."
Imaginez-vous cette ville universelle, où chaque pas sur un pont, sur une place, rappelle un grand passé, où à chaque coin de rue s'est déroulé un fragment d'histoire.
A Paris, je suis ce que je ne suis pas dans le pays qui aurait dû être le mien.
A Paris, je suis américain - noir, mais américain.
A Paris, je suis écrivain - noir, mais écrivain.
A Paris, je suis tout simplement.
A chaque fois que je me promène sur un marché de Paris, c'est presque comme si j'avais été transporté dans une époque magique nichée dans la mémoire ou l'imagination.
Paris, peut-être plus qu'une autre ville, est schizophrène, avec un pied qui tape impatiemment dans l'attente du changement et un autre qui reste fermement planté dans le passé, en tentant de ralentir le passage du temps.
Quelle que soit la rapidité avec laquelle le Paris romantique et éternel se transforme, s'étiole, c'est toujours ce Paris sentimental-là que j'imagine et que je garde en moi, un rempart contre l'ordinaire, une ville sans égale.
C'est peut-être ma situation de touriste permanent qui me permet de conserver cet état d'esprit, presque un état de grâce, d'être dans mais pas de Paris.
Les parisiens ont l'impression de vivre dans une ville bruyante et surpeuplée, ils sont énervés, toujours pressés. Pas moi. Comparé à New-York, Paris semble afficher la lenteur d'une ville de province, une grande ville à la campagne.