J'exerce maintenant trois métiers*. C'est merveilleux ! Je suis d'abord « acteur de théâtre » et « acteur de cinéma ». Ce sont deux activités différentes, même si elles se complètent. Au théâtre, l'acteur, une fois le spectacle présenté au public, est le roi, maître de son jeu et de la mise en scène. Il peut imposer sa personnalité. Au cinéma, l'acteur reste une marionnette manipulée par le réalisateur, fût-il prestigieux.
Interview journal Le Monde, 25 septembre 2012. Propos recueillis par Isabelle Regnier .
Contexte et précisions
"Le cinéma est un cimetière vivant. Les vedettes des films des années 1920, 1930, 1940 continuent de nous hanter depuis le fond de leur tombe. Il y a des gens qui vont voir aujourd'hui un film de Fritz Lang pour la première fois de leur vie. Les salles du Quartier latin, avec leurs reprises, sont peuplées de fantômes... Je sens la mort dans tout spectacle de cinéma."
Je souhaite approcher par le film la complexité de la pensée, son mécanisme interne. Dès qu'on descend dans l'inconscient, l'émotion naît. Et le cinéma ne devrait être qu'un montage d'émotions.
Le cinéma vous donne quelque chose qui est plus proche de la bande dessinée, souvent. Et pour approfondir y'a quand même rien de tel que l'espace du livre, que son silence, que sa durée, que son ampleur, que sa profondeur.
La liaison et la logique poétique au cinéma, voilà ce qui m'intéresse. Et n'est-ce pas ce qui convient le mieux au cinéma, de tous les arts celui qui a la plus grande capacité de vérité et de poésie?
(...) le cinéma, ça commence toujours avec des mots, ce sont les mots qui décident si les images auront le droit de naître.
Les mots, c'est le cap qu'un film doit passer pour que les images puissent exister. C'est là que beaucoup de films échouent.