L'homme de courCXXXIII - Être plutôt fou avec tous, que sage tout seul
Contexte et précisions
Extrait de : " Car si tous le sont, il n'y a rien à perdre, disent les politiques ; au lieu que si la sagesse est toute seule, elle passera pour folie. Il faut donc suivre l'usage. Quelquefois le plus grand savoir est de ne rien savoir, ou du moins d'en faire semblant. L'on a besoin de vivre avec les autres, et les ignorants font le grand nombre. Pour vivre seul, il faut tenir beaucoup de la nature de Dieu, ou être tout à fait de celle des bêtes. Mais, pour modifier l'aphorisme, je dirais : Plutôt sage avec les autres que fou sans compagnon. Quelques-uns affectent d'être singuliers en chimères. "
Extrait du poème : "Le crapaud, sans effroi, sans honte, sans colère,
Doux, regardait la grande auréole solaire ;
Peut-être le maudit se sentait-il béni,
Pas de bête qui n'ait un reflet d'infini ;"
S'il y a bien quelque chose qui confirme l'idée que nous ne sommes rien de plus qu'une espèce animale parmi d'autres, simplement dotée d'un cerveau légèrement plus gros et nous faisant une très haute conception de notre place dans l'ordre des choses, c'est bien notre capacité à communiquer par gestes quand nous ne pouvons faire autrement.
Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons ;
Ce qu'ils disent s'adresse à tous tant que nous sommes.
Je me sers des animaux pour instruire les hommes.
Extrait : " En nous sont deux êtres , l'animal et l'ange; et notre travail est de combattre l'un pour que l'autre domine seul, jusqu'au moment où dégagé de son enveloppe pesante, il prendra son essor vers de meilleures et plus hautes régions."
On peut également rencontré cette phrase citée sous la forme : "En l'homme sont deux êtres, l'animal et l'ange."
L'une des plus hautes qualités d'un homme qui n'est pas un animal, c'est d'être capable d'admiration. Si vous préférez admirer Gandhi plutôt que Nehru, je n'ai pas d'objection.
Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu'il me souvienne l'horreur des tortures infligées aux bêtes. On m'a souvent accusée de plus de sollicitude pour les bêtes que pour les gens : pourquoi s'attendrir sur les brutes quand les êtres raisonnables sont malheureux ? C'est que tout va ensemble, depuis l'oiseau dont on écrase la couvée jusqu'aux nids humains décimés par la guerre. La bête crève de faim dans son trou, l'homme en meurt au loin des bornes.