"Je vous parle du véritable amour. De l'amour philosophique. Celui que l'on éprouve pour l'autre en tant qu'autre, dans son altérité même.
Celui de Platon, oui, mais pas celui qui recherche l'âme soeur, la pareille.
Lorsque du corps on s'élève vers l'âme.
Lorsque le désir, orienté par l'intention, devient l'expression de quelque chose de bien plus puissant, de bien plus fort.
Ce sentiment qui vous fait toucher du doigt l'infini.
Qui rend votre vie à la fois dérisoire et hautement signifiante.
Qui relativise toute autre activité.
Qui vous fait sentir que vous êtes vous-même."
Extrait : "Avec toi j'étais ailleurs, en un lieu étranger; étranger à moi-même. Tu m'offrais l'accès à une dimension d'altérité supplémentaire, -à moi qui ai toujours rejeté toute identité et ajouté les unes aux autres des identités dont aucune n'était la mienne."
Le visage de mon prochain est une altérité qui ouvre l'au-delà. Le Dieu du ciel est accessible sans rien perdre de sa transcendance, mais sans nier la liberté du croyant.
Je cherche le dissemblable, l'inamical de fond, l'opposé sexuel, racial ou social. J'aime d'instinct les Gitans, les Juifs, les noirs, les chinois, les femmes les plus étrangères, les différences d'âges, de rites, de signaux. J'aime que l'on ne soit pas moi, j'aime admirer et apprendre. Rien de plus répréhensible, plus tard, que ce goût pour l'étude et l'admiration.