Le danger est qu'une civilisation globale, coordonnée à l'échelle universelle, se mette un jour à produire des barbares nés de son propre sein, à force d'avoir imposé à des millions de gens des conditions de vie, qui, en dépit des apparences, sont les conditions de vie des sauvages
Quand on y pense, nos prétendues guerres indiennes ont été au sens strict de simples conquêtes et opérations immobilières. Tous ces biens font l'objet d'une expropriation immédiate. Beaucoup plus tard, c'est Bertolt Brecht qui a dit que, ceux que nous voulons détruire, nous les appelons d'abord sauvages.
L'homme sauvage se peint le corps pour épouvanter ses ennemis : la femme non sauvage se met du rouge et du blanc sur le visage pour charmer ses amis ! Lequel des deux est le plus ridiculement tatoué ?
La civilisation est le progrès vers une société de vie privée. Toute l'existence du sauvage est publique, régie par les lois de sa tribu. La civilisation est le processus par lequel l'homme se libère des hommes.
En anglais : "Civilization is the progress toward a society of privacy. The savage's whole existence is public, ruled by the laws of his tribe. Civilization is the process of setting man free from men."
Il faut, pour frapper quelqu'un, même au combat, se libérer d'un poids de civilisation qui enferme la plupart d'entre nous dans la fausseté et une douceur forcée. Cet écran ôté, c'est la vraie nature de l'homme qui se révèle.