Extrait : "L'analphabète de demain ne sera pas celui qui ignore l'écriture mais celui qui ignore la photographie. Mais ne vaut-il pas moins encore qu'un analphabète, le photographe qui ne saurait pas lire ses propres épreuves?"
La qualité d'un photographe doit être l'espoir du miracle contre toute logique. Une espèce de foi dans l'heureux hasard. N'importe quoi peut arriver au coin d'une rue. Je me fais un décor, un rectangle et j'attends que des acteurs y viennent jouer je ne sais pas quoi.
Emission radio entretien avec Pascale Charpentier ( "Agora" – France Culture) en 1988.
http://www.robert-doisneau.com/fr/robert-doisneau/interviews/methodes.htm
Jacques Prévert qui me comprenait très bien m'avait dit un jour : "C'est toujours à l'imparfait de l'objectif que tu conjugues le verbe photographier."
"Lorsqu'il travaille à la sauvette, c'est avec un humour fraternel et sans aucun complexe de supériorité qu'il dispose son miroir à alouette, sa piegerie de braconnier. Et c'est toujours à l'imparfait de l'objectif qu'il conjugue le verbe photographier." Jacques Prévert
Au mot photographie je n'ai trouvé que cette définition : art de fixer par l'action de la lumière l'image des objets sur une surface sensible.
Monsieur Larousse ne s'est donc jamais posé la question : les photographes ont-ils une âme ? ou encore : un photographe est-il lui-même une vivante surface sensible ?
Peut-être que cela devrait rester secret : la photographie est un métier de paresseux. On n'a pas besoin de s'entraîner, comme un musicien, un médecin ou un danseur. On doit juste avoir un petit sens de la composition et une certaine finesse. De très bonnes choses naissent de l'oisiveté et de la contemplation. La photo n'est rien d'autre qu'un concentré d'oisiveté et de contemplation, révélé sur un cliché noir et blanc, bien fixé pour qu'il ne s'estompe pas trop vite.