"Préparer l'avenir ce n'est que fonder le présent. [...] Il n'est jamais que du présent à mettre en ordre. A quoi bon discuter cet héritage. L'avenir, tu n'as point à le prévoir mais à le permettre."
Le présent est la seule partie du temps qui nous appartienne; le passé n'est plus rien pour nous, et l'avenir ne nous sera peut-être pas donné: à quoi peut nous servir au bord de la tombe de regretter notre berceau?
Le mythe des «lendemains qui chantent» attire les foules comme la lampe les papillons. L'avenir étant muet, rien n'est plus facile que de lui faire chanter la chanson qu'on veut: aucun risque de démenti dans l'immédiat.
On vit dans le souvenir et par le souvenir, et notre vie spirituelle n'est, au fond, que l'effort de notre souvenir pour persévérer, pour se faire espérance, l'effort de notre passé pour se faire avenir.
Le présent, nous y sommes attachés. L'avenir, nous le fabriquons dans notre imagination. Seul le passé, quand nous ne le refabriquons pas, est réalité pure