Il n'y a rien de plus commun que de désirer être un grand peintre, ou un évêque, ou un général. Ou bien que l'on désire d'être aimé d'une belle fille. Ce n'est que rêverie et sans aucun développement : les désirs ne font rien.
Psychiquement, nous sommes créés par notre rêverie. Créés et limités par notre rêverie, car c'est la rêverie qui dessine les derniers confins de notre esprit.
Il est peu de vertus plus tristes que la résignation ; elle transforme en fantasmes, rêveries contingentes, des projets qui s'étaient d'abord constitués comme volonté et comme liberté.
On n'est pas uniquement en ce monde pour y accomplir ses tâches quotidiennes, mais aussi pour accorder de la place aux rêveries de l'âme qui l'élèvent et la reposent.