"On veut toujours que l'imagination soit la faculté de former des images. Or elle est plutôt la faculté de déformer les images fournies par la perception, elle est surtout la faculté de nous libérer des images premières, de changer les images. "
Un voyage est une opération qui fait correspondre des villes à des heures. Mais le plus beau du voyage et le plus philosophique est pour moi dans les intervalles de ces pauses.
Je crois que la grammaire, c'est une voie d'accès à la beauté. Quand on parle, quand on lit ou quand on écrit, on sent bien si on a fait une belle phrase ou si on est en train d'en lire une.
"Moi, je crois que la grammaire, c'est une voie d'accès à la beauté. Quand on parle, quand on lit ou quand on écrit, on sent bien si on a fait une belle phrase ou si on est en train d'en lire une. On est capable de reconnaître une belle tournure ou un beau style. Mais quand on fait de la grammaire, on a accès à une autre dimension de la beauté de la langue. Faire de la grammaire, c'est la décortiquer, regarder comment elle est faite, la voir toute nue, en quelque sorte."
L'égout c’est la conscience de la ville. Tout y converge et s'y confronte. Dans ce lieu livide, il y a les ténèbres, mais il y a plus de secrets. Chaque chose a sa forme vraie, ou du moins sa forme définitive. Le tas d'ordures a cela pour lui qu’il n'est pas menteur.
Triste mot: touristes. Les étrangers, séparés de la vie du pays par la couche atmosphérique qu'ils transportent avec eux: habitudes, intérêts, bavardages de leur ville, jargon de leur secte.
Si nous prenions conscience du fait que nous ne regardons jamais que nous-même en l'autre, que nous sommes seuls dans le désert, nous deviendrions fous.
Elle à l'élégance du hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes.
Autres traductions rencontrées :
"Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon."
"Toutes les familles heureuses se ressemblent ; chaque famille malheureuse est malheureuse à sa manière."
"Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon."
Cette citation de Tolstoï est reprise dans "L'élégance du hérisson" de Muriel Barbey : l'héroïne se "trahit" en citant le début de la phrase, et en sursautant en entendant la deuxième partie.
Je cherche quelque chose de plus mystérieux encore. C’est le passage dont il est question dans les livres, l’ancien chemin obstrué, celui dont le prince harassé de fatigue n’a pu trouver l’entrée.
"Je cherche quelque chose de plus mystérieuxencore. C’est ce passage dont il est question dans les livres, l’ancien chemin obstrué, celui dont le prince harassé de fatigue n’a pu trouver l’entrée. Cela se découvre à l’heure la plus perdue de lamatinée, quand on a depuis longtemps oublié qu’il va être onze heures, midi…Et soudain, en écartant,dans le feuillage profond, les branches, avec ce gestes hésitant des mains à hauteur du visageinégalement écartées, on l’aperçoit comme une longue avenue sombre dont la sortie est un rond delumière tout petit."