En anglais : "A long habit of not thinking a thing wrong, gives it a superficial appearance of being right, and raises at first a formidable outcry in defense of custom. But the tumult soon subsides. Time makes more converts than reason." (Common Sense )
En anglais : "To argue with a man who has renounced the use and authority of reason, and whose philosophy consists in holding humanity in contempt, is like administering medicine to the dead, or endeavoring to convert an atheist by scripture." (The American Crisis)
Une fois que la maladie de la lecture exerce son emprise sur l'organisme, elle l'affaiblit tant que l'individu devient une proie facile pour cet autre fléau qui gîte dans l'encrier et couve sous la plume. Le malheureux se met à écrire.
Le rire plus que tout nous aide à voir les choses à leurs justes proportions ; il n'a de cesse de nous rappeler que nous sommes de simples humains, que personne n'est jamais un parfait héros ni un fieffé coquin. Dès que nous oublions de rire, nous perdons le sens des proportions et, avec lui, le sens de la réalité.
La valeur du rireessai paru dans le Guardian ( 1905)
Contexte et précisions
En anglais : "Laughter more than anything else preserves our sense of proportion;it is for every reminding us that we are but human,that no man is quite a hero or entirely a villain.Directly we forget to laugh we see things out of proportion and lose our sense of reality." ( The value of laughter )
Tout effort vers la connaissance est vain. Tout n'est qu'expérience et qu'aventure. Sans cesse, nous formons de nouveaux mélanges avec des éléments inconnus.
En anglais : "There is no stability in this world. Who is to say what meaning there is in anything? Who is to foretell the flight of a word? It is a balloon that sails over tree-tops. To speak of knowledge is futile. All is experiment and adventure. We are forever mixing ourselves with unknown quantities. What is to come? I know not."
Extrait : "
-Qui dit superstition dit crédulité, continua Decambrais, lancé. Qui dit crédulité dit manipulation et qui dit manipulation dit calamité. C'est la plaie de l'humanité, elle a fait plus de morts que toutes les pestes entassées. "
Dans le lexique des morts indifférenciés, on trouve les revenant(s)/défunt(s) = reimleiki(ar)et afturganga (gôngur), bien que ce dernier nom connote déjà un aspect négatif puisqu'il signifie « marcher encore ».
C'est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l'oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l'océan.
Discours de réception du prix Nobel ( 7 décembre 2014)
Contexte et précisions
Extrait : "... La société qu'il décrivait était encore stable, une société du XIXe siècle. La mémoire de Proust fait ressurgir le passé dans ses moindres détails, comme un tableau vivant. J'ai l'impression qu'aujourd'hui la mémoire est beaucoup moins sûre d'elle-même et qu'elle doit lutter sans cesse contre l'amnésie et contre l'oubli. À cause de cette couche, de cette masse d'oubli qui recouvre tout, on ne parvient à capter que des fragments du passé, des traces interrompues, des destinées humaines fuyantes et presque insaisissables.
Mais c'est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l'oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l'océan."
Pour ceux qui y sont nés et y ont vécu, à mesure que les années passent, chaque quartier, chaque rue d'une ville, évoque un souvenir, une rencontre, un chagrin, un moment de bonheur.
Discours de réception du prix Nobel ( 7 décembre 2014)
Contexte et précisions
Extrait : "Pour ceux qui y sont nés et y ont vécu, à mesure que les années passent, chaque quartier, chaque rue d'une ville, évoque un souvenir, une rencontre, un chagrin, un moment de bonheur. Et souvent la même rue est liée pour vous à des souvenirs successifs, si bien que grâce à la topographie d'une ville, c'est toute votre vie qui vous revient à la mémoire par couches successives, comme si vous pouviez déchiffrer les écritures superposées d'un palimpseste. "
Certainement nous avons été bien des fois à la recherche l'un de l'autre, au même moment, à travers l'énorme labyrinthe de Londres ; peut-être n'avons-nous été séparés que par quelque 18 mètres – il n'en faut pas davantage pour aboutir à une séparation éternelle.
En anglais : "To this hour I have never heard a syllable about her. This, amongst such troubles as most men meet with in this life, has been my heaviest affliction. If she lived, doubtless we must have been sometimes in search of each other, at the very same moment, through the mighty labyrinths of London, perhaps even within a few feet of each other — a barrier no wider, in a London street, often amounting in the end to a separation for eternity ! During some years I hoped that she did live; and I suppose that, in the literal and unrhetorical use of the word Myriad, I must, on my different visits to London, have looked into many myriads of female faces, in the hope of meeting Ann."
Discours de réception du prix Nobel ( 7 décembre 2014)
Contexte et précisions
Extrait : "Sur le moment, un enfant ne s'étonne de rien, et même s'il se trouve dans des situations insolites, cela lui semble parfaitement naturel. C'est beaucoup plus tard que mon enfance m'a paru énigmatique et que j'ai essayé d'en savoir plus sur ces différentes personnes auxquelles mes parents m'avaient confié et ces différents lieux qui changeaient sans cesse. "
J'appartiens à une génération intermédiaire et je serais curieux de savoir comment les générations suivantes qui sont nées avec l'internet, le portable, les mails et les tweets exprimeront par la littérature ce monde auquel chacun est « connecté » en permanence et où les « réseaux sociaux » entament la part d'intimité et de secret qui était encore notre bien jusqu'à une époque récente – le secret qui donnait de la profondeur aux personnes et pouvait être un grand thème romanesque.
Discours de réception du prix Nobel ( 7 décembre 2014)
Contexte et précisions
Extrait : "Dans ce Paris de mauvais rêve, où l'on risquait d'être victime d'une dénonciation et d'une rafle à la sortie d'une station de métro, des rencontres hasardeuses se faisaient entre des personnes qui ne se seraient jamais croisées en temps de paix, des amours précaires naissaient à l'ombre du couvre-feu sans que l'on soit sûr de se retrouver les jours suivants. Et c'est à la suite de ces rencontres souvent sans lendemain, et parfois de ces mauvaises rencontres, que des enfants sont nés plus tard. Voilà pourquoi le Paris de l'Occupation a toujours été pour moi comme une nuit originelle. Sans lui je ne serais jamais né. Ce Paris-là n'a cessé de me hanter et sa lumière voilée baigne parfois mes livres."
Discours de réception du prix Nobel ( 7 décembre 2014)
Contexte et précisions
Extrait : " Un romancier ne peut jamais être son lecteur, sauf pour corriger dans son manuscrit des fautes de syntaxe, des répétitions ou supprimer un paragraphe de trop. Il n'a qu'une représentation confuse et partielle de ses livres, comme un peintre occupé à faire une fresque au plafond et qui, allongé sur un échafaudage, travaille dans les détails, de trop près, sans vision d'ensemble."
J'ai toujours pensé que l'écriture était proche de la musique mais beaucoup moins pure que celle-ci et j'ai toujours envié les musiciens qui me semblaient pratiquer un art supérieur au roman – et les poètes, qui sont plus proches des musiciens que les romanciers.