Les dieux sont des produits culturels ; seule la Nature est là pour tous les hommes, Grecs, Chinois ou autres. Si, avec l'universalisation que l'on voit aujourd'hui, le temps est venu d'une philosophie œcuménique, une telle philosophie ne pourra être qu'une philosophie de la Nature.
Au sein de l'énormité du temps et de l'espace, en un point de la nature infinie, ou peut-être infiniment infinie, comme le veut Spinoza, l'homme a le sentiment de l'englobant et du sans-bornes comme d'un mystère insondable contre lequel bute la raison.
Ne faire qu'un avec toutes choses vivantes, retourner, par un radieux oubli de soi, dans le Tout de la Nature, tel est le plus haut degré de la pensée et de la joie, la cime sacrée, le lieu du calme éternel.