Heureux qui a du goût pour l'étude ! Plus heureux qui réussit à délivrer par elle son esprit de ses illusions et son cœur de sa vanité ; but désirable où vous avez été conduit dans un âge encore tendre par les mains de la sagesse ; tandis que tant de pédants, après un demi-siècle de veilles et de travaux, plus courbés sous le faix des préjugés que sous celui du temps, semblent avoir tout appris, excepté à penser.
La douleur physique existe pour nous rappeler que nous sommes mortels. Quand on souffre dans notre corps, on découvre combien sotte et vaine est la vanité.
La vanité est si ancrée dans le coeur de l'homme, qu’un goujat, un marmiton, un crocheteur se vante, et veut avoir ses admirateurs. Et les Philosophes mêmes en veulent. Ceux qui écrivent contre la gloire, veulent avoir la gloire d’avoir bien écrit ; et ceux qui le lisent, veulent avoir la gloire de l'avoir lu ; et moi qui écris ceci, j'ai peut-être cette envie ; et peut être que ceux qui le liront l’auront aussi.
Il y a quelque chose de plus haut que l'orgueil, et de plus noble que la vanité, c'est la modestie ; et quelque chose de plus rare que la modestie, c'est la simplicité.
Extrait: "L'oeil de la vanité est une loupe qui grossit tous les plus petits objets. L'horizon étroit de l'homme vain est l'univers pour lui; et comme il remplit ce petit cercle, il croit occuper une grande place dans le monde; tandis que l'homme de mérite sent combien il est peu de chose, au milieu du cercle immense que parcourent ses idées et que mesure son génie"