Extrait : "Un des grands malheurs de la vie moderne, c'est le manque d'imprévu, l'absence d' aventures. Tout est si bien réglé, si bien engrené, si bien étiqueté, que le hasard n'est plus possible."
"De tous les livres, celui que je préfère est mon passeport, unique in-octavo qui ouvre les frontières, missel enluminé de l'époque avionique. Quelques pages encore vierges, seule promesse tangible de nouveaux voyages, s'offrent potentiellement à toutes les images du monde."
Extrait : "Rainer Maria Rilke dans la lettre du 17 février 1903 adressée au jeune poète Franz Xaver Kappus : « Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses. » Et John Burroughs, dans L'Art de voir les choses : « Le ton sur lequel nous parlons au monde est celui qu'il emploie avec nous. Qui donne le meilleur reçoit le meilleur. »
Nous sommes seuls responsables de la morosité de nos existences. Le monde est gris de nos fadeurs. La vie paraît pâle ? Changez de vie, gagnez les cabanes. Au fond des bois, si le monde reste morne et l'entourage insupportable, c'est un verdict : vous ne vous supportez pas ! Prendre alors ses dispositions."
En route, le mieux c'est de se perdre. Lorsqu'on s'égarer, les projets font places aux surprises et c'est alors, mais alors seulement, que le voyage commence.
Je cherche le dissemblable, l'inamical de fond, l'opposé sexuel, racial ou social. J'aime d'instinct les Gitans, les Juifs, les noirs, les chinois, les femmes les plus étrangères, les différences d'âges, de rites, de signaux. J'aime que l'on ne soit pas moi, j'aime admirer et apprendre. Rien de plus répréhensible, plus tard, que ce goût pour l'étude et l'admiration.
La fantaisie et la liberté d'imagination ne s'acquièrent pas comme ça, qu'il y faut du temps, de l'obstination, de la sévérité, de la rigueur, des mathématiques, de la raison.
Extrait de : "Qui prend encore le temps de lire ? Comment résister autrement à la mondialisation et aux idées dévotes et fanatiques ? Comment conserver notre force intérieure, tous les combats menés par Voltaire, les Lumières, tant d'autres, sans lire ? Pourquoi les français ont-ils si peur et se replient-ils sur eux-mêmes ? Ils n'entraînent plus le muscle de l'esprit. Ils ne lisent plus. Ils ne réfléchissent plus. "