Les cultures peuvent peut-être se mélanger, mais cela entraîne des pertes, parce qu'une culture est quelque chose d'entier.
Interview pour le site Evene en Septembre 2006
LA COLLECTION S’ENRICHIT
De nouvelles voix, de nouvelles idées : explorez les derniers ajouts à la collection Webescence.
Les cultures peuvent peut-être se mélanger, mais cela entraîne des pertes, parce qu'une culture est quelque chose d'entier.
Interview pour le site Evene en Septembre 2006
Quand on ne sait pas où on va, la vitesse du déplacement ne compte plus.
L'histoire suivante
Vieillir, c'est aussi refuser de se confectionner de nouveaux souvenirs.
Le souvenir est comme un chien qui se couche là où il lui plaît.
Le rire est devenu un réflexe conditionné, un rituel auquel même le premier ministre ou l'archevêque doivent se prêter pour bien paraître à nos yeux de téléspectateurs blasés, et avec l'enthousiasme forcé de qui sait qu'il vaut mieux jouer le jeu que d’être la risée de nos comiques professionnels.
Prendre le large
Ce matin, j'ai l'impression d'être en sursis, sachant que, comme n'importe qui, je peux disparaître demain ou dans quelques années. Et que le souvenir que je laisserai sera fugace comme cette buée matinale que je vois s'évaporer sous le soleil.
Prendre le large
Le pire drame pour l'écrivain n'est pas de garder le silence, c'est d'entendre le silence du lecteur.
Prendre le large
Depuis que mes enfants ont l'âge de lire, je crains d'écrire quoi que ce soit dont j'aurais à rougir ou dont ils auraient à rougir.
Prendre le large
Quand il nous arrive d'être seul et de ne croiser âme qui vive, on a le sentiment d’habiter profondément l'espace et le temps — d'être, autrement dit, au cœur du monde sans cesser de s'appartenir parfaitement.
Prendre le large
La mort d'un proche parent, même prévisible, nous donne le sentiment d'avoir perdu un repère, mais surtout nous accule à la seule vérité dont il est impossible de douter, celle de notre propre néant.
Prendre le large
Écrire n'est qu'une forme de désertion, qui permet parfois de restituer la profonde ambiguïté de l'existence terrestre.
Prendre le large
Au rythme où nous torturons la langue française, nous finirons par la réduire à un dialecte qui témoignera de notre fragilité linguistique
Prendre le large
Un texte se met à vivre véritablement quand les mots se doublent d'une ombre aux yeux du lecteur ombre qui procède d'une lumière, d'une transparence du langage.
Prendre le large
D'où vient qu'on se contente de si peu finalement, alors que l'insatisfaction fourmille au creux de notre intimité?
Prendre le large
Rendu au bout du chemin que nous ont tracé les circonstances de la vie, on peut emprunter n'importe quel chemin de traverse. Ce chemin nous était peut-être ouvert depuis toujours, mais il nous aura fallu attendre tout ce temps pour nous y aventurer, sans savoir si c'est le bon.
Prendre le large
Si l'enfance apparaît comme un âge d'or, c'est qu'alors le moindre petit rien comblait ce vide intérieur qui, avec le temps, ne cesse de prendre des proportions qui le rendent incomblable.
Prendre le large
On a beau dire, se dire que tout est fini, qu'on peut se passer de ce qui nous a trahi, on revient toujours à ce qui nous fait rêver.
Le cabochon
L'enseignement des maîtres ne remplace jamais le bon instinct qui doit nous guider dans la conduite de la vie.
Le vent du diable
La douleur physique existe pour nous rappeler que nous sommes mortels. Quand on souffre dans notre corps, on découvre combien sotte et vaine est la vanité.
Le cabochon
Rien ne dure sauf les plaies secrètes qui vous guident ou vous égarent.
L'hiver au coeur